« Construire un mouvement durable, qui parle au cœur des français »

Quentin Brière, maire de Saint-Dizier, et Florian Bercault, maire de Laval, président l’association Tandem qui porte les Projets Inspirants pour la France. Découvrez le projet et tout le dispositif.

Florian Bercault (Laval) et Quentin Brière (Saint-Dizier) : « Construire un mouvement durable, qui parle au cœur des français »

Florian Bercault (Laval) et Quentin Brière (Saint-Dizier) : « Construire un mouvement durable, qui parle au cœur des français »

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Quentin Brière, maire de Saint-Dizier, et Florian Bercault, maire de Laval, président l’association Tandem qui porte les Projets Inspirants pour la France. Ils présentent les ambitions de cette initiative et le dispositif pour les atteindre.

Comment l’idée est-elle née ?

Florian Bercault : L’idée est partie d’un groupe de dialogue entre élus et entreprises, créé par L’Afep. Rapidement un constat commun a émergé : il y a un fossé, pour ne pas dire un gouffre, entre d’une part les débats nationaux qui donnent le sentiment que notre pays n’est fait que de fractures et de confrontations, et de l’autre la réalité que nous vivons au quotidien dans nos territoires. À l’échelle locale, les élus, la société civile et les grandes entreprises coopèrent et mieux, nous inventons ensemble des solutions. Parce que nous habitons la même ville, parce que nous avons envie que ça marche, parce que nous sommes obligés d’être pragmatiques. Les grandes entreprises françaises sont nos porte-étendards dans le monde, et c’est très bien, et elles interviennent de façon tout aussi cruciale dans le tissu territorial.

Cette idée simple est très peu présente dans le débat public. Alors plutôt que de déplorer la situation, nous avons décidé de retrousser nos manches. On a dit aux entreprises “chiche, acceptez d’ouvrir vos portes et montrons ce qu’on est capable de faire de génial ensemble, public et privé”. Nous avons décidé de monter une association avec un nom qui raconte tout, Tandem, dont la première opération est un tour de France des projets inspirants avec quarante visites sur le terrain dès la première année.

À qui s’adresse cette opération ?

Quentin Brière : À tout le monde. Le but n’est pas de parler seulement aux élus ou aux décideurs économiques. L’idée est d’en faire un mouvement durable, qui s’inscrit dans le temps et qui parle au cœur de tous les Français. On veut remettre en lumière le génie français, qui se manifeste depuis des siècles par notre capacité à inventer. Nous sommes un grand pays d’entrepreneurs, de créateurs, d’ingénieurs, d’innovateurs… et ce génie n’est pas cantonné à la sphère privée. Avec Florian et Stéphanie Guiraud-Chaumeil, nous considérons qu’il y a des “élus-entrepreneurs” et quand ces élus s’associent à la puissance du secteur privé, avec l’intention d’agir au service des Français, ça peut faire des étincelles !

"Nous voulons remettre en lumière le génie français, qui se manifeste depuis des siècles par notre capacité à inventer."

En pratique, comment faites-vous pour identifier les projets ?

Florian Bercault : Pour trouver ces projets inspirants, encore faut-il avoir envie de les voir. Partout en France, et pas seulement dans les métropoles, vous trouverez des “pépites”, qui vivent leur vie sous les radars et passent inaperçues, alors même que leur mise en valeur pourrait inspirer d’autres élus et d’autres entreprises en France. Un exemple – notre première visite à Saint-Dizier a permis de découvrir une idée aussi simple que géniale : un collectif d’entreprises industrielles propose à des jeunes une double alternance sur un an. Pour les jeunes, deux expériences c’est deux fois plus de chances de trouver un emploi, pour les entreprises c’est deux fois plus de chances de trouver des talents, qui les choisiront en connaissance de cause et pas par défaut. Voilà, ça existe à Saint-Dizier et ça pourrait exister demain à Laval, ou n’importe où ailleurs en France, au service de la réindustrialisation de la France.

Quels sont les objectifs à terme de votre association ?

Quentin Brière : L’objectif est de continuer à rassembler et grandir. La première année, la quarantaine de déplacements va mobiliser plus de 200 élus et dirigeants et va toucher plusieurs dizaines de millions de Français à travers la production de contenu et de vidéos. À terme, l’idée est de répéter l’effort et de ne pas s’arrêter là. Ça doit devenir comme une gymnastique, un réflexe : les élus, les médias, les entreprises et même l’État doivent se dire en permanence : « qu’est-ce qui existe au niveau local qui peut devenir une source d’inspiration pour le reste du pays ? ».